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Mutinerie à Rebeuss par Alioune Abatalib GUEYE

mardi 27 septembre 2016, par Mayoro Fall

Les pensionnaires de la prison de Rebeuss (détenus attendant d’être jugés ou rejugés et condamnés purgeant leurs peines), se sont révoltés pour dénoncer :
1- Leurs conditions de détention
Cellules surpeuplées, pour illustration il suffit d’ouvrir une boite de sardines pour s’assurer de la manière dont les prisonniers sont entassés pour dormir.
Cette promiscuité charnelle favorise les relations contre nature avec tous les risques sanitaires. Font légion les jeunes qui ont eu en prison leur première expérience parfois forcée.
Ces conditions difficiles ne sont vécues que par le pauvre voleur de portable ou d’une paire de chaussures, les détourneurs de deniers publics et autres délinquants à col blanc sont confortablement installés dans des cellules confortables dites VIP.
2- Les longues détentions provisoires
Procureurs et Substituts, adeptes du mandat de dépôt systématique font de la détention le principe et de la liberté l’exception.
3- Les tenues espacées des Chambres Criminelles
Les Chambres Criminelles instaurées à la place des Cours d’Assises ne tiennent pas plus de 4 sessions annuelles. Les rôles de leurs sessions sont surchargés par des affaires de trafic de stupéfiant criminalisé par la loi Latif GUEYE.
A l’épreuve de la pratique, cette criminalisation n’a pas eu les effets escomptés.
La célérité dans la répression par la procédure de flagrant délit avec des fortes peines assure plus la dissuasion recherchée par son initiateur.
En vérité les maux dénoncés par les mutins de Rebeuss, les acteurs de la justice, la société civile, sont partagés par la quasi totalité des 38 prisons du Sénégal et les réformettes apportées ne sauraient cacher la faillite de notre politique criminelle qu’il faut nécessairement repenser, pas en construisant d’autres prisons mais en les dépeuplant par une solution qui s’attaque résolument aux causes de la délinquance des jeunes confrontés au chômage et à l’oisiveté.
Repenser notre politique criminelle s’est aussi appliquer les mesures de réinsertion sociale prévues et aménagées dans notre droit pénal :
- En reconsidérant le pouvoir du Procureur de décerner mandat de dépôt et de confier cet office à des juges de la détention statuant collégialement par des décisions motivées.

- En privilégiant la médiation pénale pour les délits financiers.

- En privilégiant le contrôle judiciaire qui préserve la liberté sur la détention préventive.

- En supprimant le pouvoir du juge d’instruction de renouveler un mandat de dépôt pour le forcer à respecter le délai de 6 mois nettement suffisant pour instruire un délit

- En dispensant de peine les délinquants primaires.

- En privilégiant les travaux d’intérêt général et de réinsertion sociale pour les délinquants dignes d’intérêt.

- En recourant au placement en probation, au régime de la semi –liberté, au fractionnement ou à la réduction de la peine pour bonne conduite en faveur des détenus et condamnés repentis.

- En aménageant les peines privatives de liberté par le placement à l’extérieur permettant au condamné d’être employé en dehors d’un établissement pénitentiaire à des travaux contrôlés par l’administration.

ET SI REBEUSS FAISAIT DES EMULES !
MAITRE ALIOUNE ABATALIB GUEYE

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